Alors que la filière REP des piles et batteries fête son premier anniversaire, un enjeu se pose désormais très concrètement aux secteurs de la Supply Chain : comment organiser la collecte, le stockage et le transport de batteries dont les volumes et les usages sont appelés à fortement augmenter ? Pour Yann Gautron, Responsable marchés chez ecosystem « tout est à construire » ! Interrogé sur ce sujet, cet expert des batteries industrielles nous explique que la diversification des batteries et leur montée en puissance font émerger de nouveaux défis opérationnels, notamment en matière de maillage territorial, traçabilité des flux, capacités de stockage et sécurité. Sans oublier le risque incendie, lié notamment aux batteries lithium-ion (de plus en plus utilisées dans les chariots élévateurs). « Il y a un vrai sujet autour de l’organisation et de la mise en œuvre de la filière. L’objectif étant bien sûr d’assurer la gestion de fin de vie de la batterie, c’est-à-dire de les collecter, les stocker, les trier, les recycler (ou les réparer). Puis, après récupération du broyage et des métaux rares, pouvoir les rediriger vers les fabricants de batteries ». Dans un contexte où l’électrification des véhicules personnels et industriels explose, l’enjeu est de taille car il s’agit, non seulement de structurer une chaîne de valeur française capable d’accompagner l’électrification, mais aussi de sécuriser les ressources stratégiques issues du recyclage. « Cette organisation se mettra en place progressivement. Mais il faudra du temps et des moyens : trouver des industriels capables de lancer des investissements dans ce domaine. Former du personnel. Trouver des logisticiens pour collecter et transporter des batteries en fin de vie, les stocker, et gérer les flux jusqu’à leur recyclage. Nous travaillons déjà avec plusieurs logisticiens. Mais pour soutenir la filière nous avons besoin de nous appuyer sur des réseaux nationaux et des entreprises de logistique prêtes à s’engager à nos côtés ». En outre, début 2027 l’arrivée du Digital Product Passeport va s’appliquer aux batteries. Ce dispositif européen vise à prolonger la durée de vie des produits plutôt qu’à encourager leur remplacement. Le DPP comprendra notamment l’origine de certains composants, sa durabilité et sa réparabilité, la présence éventuelle de substances préoccupantes, les consignes d’entretien, de réemploi ou de fin de vie. Entré en vigueur en juillet 2024, l’ESPR (Ecodesign for Sustainable Products Regulation), fixe le cadre général. Il ne rend pas le DPP obligatoire pour tous les produits, mais les batteries seront les premiers produits concernés. Peut-être l’occasion pour cette filière de montrer avec l’aide de quelques logisticiens aguerris, un bel exemple d’économie circulaire !
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