Arthur Loyd Logistique dévoile les résultats de sa 8ᵉ édition de l’étude annuelle sur l’immobilier logistique spéculatif en France. Ce panorama recense l’ensemble des plateformes lancées en blanc depuis 2016 (soit 144 opérations pour 5,5 millions de m²) et en analyse les dynamiques de lancement, de commercialisation et d’investissement. Sous l’effet conjugué de l’incertitude économique, de coûts de construction élevés et d’une demande placée en repli, les nouveaux lancements spéculatifs confirment leur tendance baissière : 11 opérations en 2025 (390.000 m²) et 5 projets au premier semestre 2026 (144.000 m²). Bien qu’il s’agisse d’un ralentissement par rapport aux résultats enregistrés lors du cycle 2020-2022, une partie des acteurs reste mobilisée et assume le risque locatif. Le retournement du marché se lit aussi dans le rythme d’absorption des surfaces livrées. En 2022, année record de la demande placée, 80% des surfaces spéculatives étaient louées avant ou au trimestre de livraison. Depuis 2023, la tendance s’est inversée : la moitié des volumes commercialisés le sont désormais après livraison. À date, 52% des surfaces livrées depuis 2024 restent vacantes. Les disparités géographiques demeurent néanmoins marquées : la région lyonnaise, portée par la rareté structurelle de l’offre neuve, continue de commercialiser près de 70% de ses opérations avant livraison, quand les Hauts-de-France et l’Île-de-France voient 50% de leurs surfaces se louer plus de trois mois après réception. Signal encourageant toutefois : le taux de vacance sur les livraisons 2023–mi 2025 a été ramené de 48% à 29% en un an, témoignant d’une absorption progressive, même si plus lente que lors du cycle précédent. « Le marché du blanc traverse une phase d’ajustement qui n’a rien d’irrémédiable. Les fondamentaux de la logistique restent bien orientés et l’offre neuve disponible se tarit progressivement dans un grand nombre de localisations. Les opérateurs qui sauront s’adapter (en taille, en localisation, en stratégie de division) ont de bonnes raisons de croire en la capacité de ces actifs à trouver preneur. Le spéculatif reste une prise de risque, mais c’est aussi, dans certaines localisations, la seule réponse en offre neuve immédiate aux besoins de prestataires ou chargeurs qui ne peuvent pas patienter 18 mois pour réceptionner un site clé en main », résume Didier Terrier, Associé d’Arthur Loyd. JPG
Photo : Didier Terrier © Arthur Loyd Logistique