A quelques semaines de la publication de ses résultats annuels, Eric Hémar, président-fondateur d’ID Logistics, tire un premier bilan de l’année 2025. Il nous confie également ses prévisions pour 2026. Avec une croissance moyenne d’environ 15% sur les trois premiers trimestres (tous pays confondus) et une accélération sur le 4ème trimestre, le dirigeant estime que l’année écoulée sera conforme à son Business Plan : « Nous nous sommes fixé un objectif qui est de doubler notre chiffre d’affaires tous les 5 ans. Une trajectoire qui devrait nous permettre d’atteindre les 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2026 ». Force est de constater que cette entreprise de logistique , créée voici tout juste 25 ans, suscite toujours le même intérêt de notre communauté professionnelle, qui observe cette réussite avec un mélange d’étonnement et d’admiration. Mais quel est donc le secret de cette réussite ? D’aucuns diront qu’elle repose sur plusieurs piliers : une parfaite connaissance du métier et de ses clients, une équipe dirigeante fidèle et aguerrie et une stratégie entrepreneuriale qui s’inscrit dans la durée. J’ajouterais deux autres éléments : un Core Model qui permet au groupe d’Eric Hémar de dupliquer partout dans le monde, des process solides et largement éprouvés ; et une diversité de clients, tant par la taille que par leurs secteurs d’activités. « En effet, nous accompagnons de grands donneurs d’ordre internationaux dans leur développement, mais en même temps nous signons des clients plus petits que l’on espère voir grandir », précise Eric Hémar. Même si les résultats 2025 ne sont pas encore publiés, le groupe enregistre donc une belle croissance en France, mais aussi au Royaume-Uni, en Allemagne, en Pologne et aux USA. « Une belle dynamique, mais une année tout de même compliquée opérationnellement à cause des difficultés rencontrées par certains clients », pondère le dirigeant. « Pour 2026 nous repartons sur des bases similaires avec de belles perspectives de croissance compte tenu des dossiers déjà signés et engagés. Au cours des prochains mois l’effort portera en particulier sur le développement de plusieurs pays où nous sommes déjà présents : le Canada, l’Italie et le Royaume-Uni où nous avons déjà 4 implantations et plus d’un millier de collaborateurs. Notre volonté serait d’ouvrir le Mexique, mais le sujet n’est pas encore tout-à-fait mûr ». Concernant la croissance externe, Eric Hémar n’exclut pas quelques acquisitions, y compris en France, si des opportunités viennent à se présenter. « Nous regardons également les possibilités d’acquisitions au Canada, en Angleterre et aux Etats-Unis ».
Se réinventer et s’ouvrir sur de nouveaux métiers
Si ID Logistics n’envisage pas de changement radical dans son Management et sa stratégie de conquête au cours des toutes prochaines années, rien n’empêche Eric Hémar de se projeter dans un avenir plus lointain… et d’imaginer différents scénarios. « Il faudra sans doute se réinventer. Peut-être que nous devrons nous ouvrir vers de nouveaux métiers. Je pense par exemple au Fret Forwarding. Nous avons des implantations un peu partout. Est-ce que cela aurait un sens de développer cette activité ? Je ne sais pas ! Là-encore, il faut voir comment ce secteur évolue et quelles opportunités il en ressort ». Parmi les grandes mutations qui peuvent s’opérer, Eric Hémar considère que l’innovantion technologique sera l’un des éléments les plus structurants de ces prochaines années. A ce jour l’entreprise a déjà déployé sur de nombreux sites l’automatisation et la robotisation. Elle a mis en œuvre des solutions innovantes en collaboration avec des start-ups comme avec des grands opérateurs (le réseau Starlink d’Elon Musk par exemple). « L’innovation ouvre de nouveaux horizons. Elle nous pousse à évoluer et à relever de nouveaux défis. Dans le domaine de la logistique contractuelle, je vois trois tendances qui vont changer notre manière de travailler. La première est la poursuite de la robotisation. Nous avons déjà des robots dans les entrepôts, mais ils vont devenir plus performants, plus intelligents. Ils seront également plus nombreux, car les coûts vont baisser et les solutions vont se standardiser. D’ailleurs ce qui pose problème aujourd’hui, c’est moins l’aspect mécanique que tout ce qu’il a autour : l’IT mais aussi l’organisation. La deuxième tendance qui va sans doute se répandre, c’est le Digital Twin (jumeau numérique). C’est un outil formidable qui permet à l’intérieur d’un entrepôt, de simuler des flux de produits, de mieux anticiper les aléas, de gérer les alertes, etc. Nous avons déjà un POC avec Mano Mano. Mais c’est tellement efficace que dans quelques temps tous nos sites en seront équipés. Et puis la troisième tendance s’inscrit dans le même esprit : nous aurons des entrepôts plus flexibles, capables de réaménager les postes de travail rapidement en fonction des cycles, des aléas, des variations de la demande. Bref, être en mesure de réajuster en permanence le process pour gagner des points (parfois des demi-points) de productivité. En y réfléchissant bien, ce n’est pas une vraie révolution, car il y aura toujours des palettes et des portes à quai. Mais c’est bien en mettant l’innovation et la technologie au service de l’organisation que nous pourrons continuer d’offrir le meilleur service à nos clients ». Propos recueillis par Jean-Philippe GUILLAUME
