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Il s’agit sans doute d’une rupture technologique majeure qui va certainement transformer la manière de gérer un entrepôt. Je parle de l’IA contextuelle qui, associée à un WMS, va permettre de comprendre une situation opérationnelle dans son ensemble, en tenant compte de la réalité du terrain. Jusqu’à présent, le WMS était essentiellement un système transactionnel et prescriptif. Avec l’IA contextuelle, le WMS pourrait progressivement devenir un véritable système de pilotage intelligent. Je m’explique. Une IA classique peut, par exemple, détecter qu’une préparation de commande prend du retard, alors que l’IA contextuelle va chercher à comprendre les raisons de ce retard en croisant plusieurs informations : par exemple, la localisation des opérateurs et leur charge de travail, la disponibilité des produits et leur emplacement, l’état des équipements de manutention, etc. Autrement dit, elle ne se contente pas de constater un problème. Elle interprète les événements en tenant compte de leur environnement et peut proposer, voire déclencher, une action corrective. Plusieurs grands acteurs du WMS s’intéressent au sujet parmi lesquels Manhattan, Logistics Reply ou Blue Yonder. C’est le cas également de l’éditeur suédois IFS qui annonce cette semaine l’arrivée de « Fulfillment Flow by IFS Softeon », une fonctionnalité d’IA contextuelle pour piloter les sites logistiques. Dès lors, on pourrait penser qu’il suffit d’ajouter un moteur d’IA à un WMS pour que ça marche. Et bien pas du tout ! Plusieurs conditions sont indispensables : d’abord la qualité des données (les stocks, les emplacements, les mouvements, les ressources), le temps réel, l’interconnexion entre tous les systèmes et bien sûr la connaissance métier. Est-ce à dire que l’on pourrait aller dans les prochaines années vers des entrepôts automatisés, robotisés et complètement autonomes ? Théoriquement oui, car lorsque l’IA contextuelle rejoint l’IA agentique l’entrepôt devient intelligent. Les agents exécutent, tandis que l’IA contextuelle leur apporte des éléments de compréhension. Imaginons qu’un agent anticipe les besoins en ressources humaines ; un autre optimise les emplacements de stockage, un troisième coordonne les robots, un quatrième surveille les commandes prioritaires. Avec, pour couronner le tout, un agent central qui arbitre les décisions en fonction des objectifs de service, de productivité et de coûts. Dans ce cas de figure, l’entrepôt ne se contente plus d’exécuter un programme établi à l’avance. Il adapte continuellement son fonctionnement aux événements et aux contraintes rencontrées dans son périmètre. L’enjeu étant moins de gagner en productivité que de donner à l’entrepôt une vraie capacité de pilotage et d’adaptation permanente. Est-ce à dire que demain le bâtiment logistique sera complètement robotisé et fortement déshumanisé ? Vraisemblablement. Mais quand on analyse l’état du parc informatique en entrepôt et que l’on découvre le nombre de sites gérés par des systèmes obsolètes (quand ce n’est pas Excel) on se dit que sa généralisation n’est pas encore pour tout de suite. JPG
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