La Chine peut-elle devenir un relais de croissance pour l’immobilier logistique en France ? Depuis quelques années, et plus encore depuis quelques mois, la suppression des exonérations de droits de douane sur les envois de faible valeur, incite les entreprises chinoises à installer des bases en Europe. Cette volonté s’est déjà manifestée par un engagement significatif sur des surfaces locatives (2,5 millions de m²). Mais dans un rapport intitulé « Future Flows : Global Dynamics & European Industrial Real Estate », la société Cushman & Wakefield, souligne que les principaux bénéficiaires de ces investissements asiatiques seraient le Royaume-Uni (757 000 m²) et la Pologne (695 000 m²) contre seulement 153.000 m² de surfaces positionnées en France. Pourtant, toujours selon cette étude, la France figurerait parmi les pays les plus cités par les entreprises chinoises interrogées. Dès lors, pourquoi notre pays ne profite pas davantage de cette manne étrangère ? Certains s’étaient imaginé qu’après la création de l’usine de batteries d’Envision AESC dans le nord et le projet d’usine de modules solaires de DAS Solar à Mandeure, dans l’est du pays, on pouvait s’attendre à une accélération des implantations chinoises sur notre territoire. Mais rien de tout cela. Pas plus dans le domaine industriel que dans le Retail. Didier Terrier, directeur général d’Arthur Loyd Logistique observe d’ailleurs, qu’à part l’arrivée de Joybuy, la plateforme de JD.com « le raz-de-marée attendu ne s’est pas matérialisé et l’attentisme reste de mise ». Alors si l’attrait de la France, qui dispose de nombreux atouts, est vérifié à travers toutes les études réalisées auprès des utilisateurs chinois, qu’est-ce qui freine le passage à l’acte ? Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui ces investisseurs à préférer nos voisins européens ? Les professionnels du secteur immobilier pointent régulièrement nos lourdeurs administratives, le poids des réglementations, les délais d’obtention des permis de construire, la chronologie des recours éventuels… Quand on sait (toujours selon cette étude) que la moitié (48%) de ces investisseurs chinois prévoient d’être opérationnels dans l’année qui suit leur décision d’investir, on se dit qu’il serait temps de s’attaquer rapidement, sérieusement et définitivement à ces sujets.
Jean-Philippe GUILLAUME
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