Selon les chiffres d'Arthur Loyd Logistique, qui contrairement à d'autres cabinets ne prend en compte que les entrepôts logistiques (ICPE) de plus de 10.000 m², le troisième trimestre vient confirmer un premier semestre 2026 maussade. Au total, 1,8 million de m² ont été commercialisés depuis le début de l'année, dont 422 000 m² entre juillet et septembre, portant le recul à 17 % par rapport à 2025 et à 33 % par rapport à la moyenne quinquennale. Pour ce cabinet spécialisé en logistique, le cycle baissier se poursuit. « Les conditions économiques actuelles ne sont pas favorables aux nouvelles signatures », indique Didier Terrier, associé Arthur Loyd. « La croissance est molle, l'inflation repart à la hausse et le pouvoir d'achat des ménages est au plus bas. Une recette qui ne fait pas bon ménage dans un pays où la demande placée en surfaces de stockage est principalement tirée par la consommation domestique. » Sur les 95 transactions enregistrées depuis le début de l'année, 75 % portent sur des volumes inférieurs à 20 000 m². Ce chiffre souligne la logique, toujours à l'œuvre, de rationalisation des surfaces par les utilisateurs, qui considèrent l'immobilier comme une variable d'ajustement dans leur chaîne de coûts. Si, en volume, la part des e-commerçants reste conséquente, elle masque en réalité le poids d'Amazon qui, en propre ou par l'intermédiaire de prestataires, représente à lui seul 20 % de la demande placée française depuis janvier 2026. Concernant l'arrivée des prestataires asiatiques, le raz-de-marée attendu ne s'est, pour l'heure, pas matérialisé et l'attentisme reste de mise. « Aujourd'hui, au-delà des grandes opérations d'Amazon, les relais de croissance pour le secteur sont peu nombreux. Quelques opérations significatives sont en cours, mais elles glisseront plutôt au premier semestre de l'année prochaine », annonce Didier Terrier. La faiblesse de la demande exprimée se reflète également dans un taux de vacance orienté à la hausse, mouvement amplifié par les annonces de libération de surfaces partout en France, et plus particulièrement dans le bassin marseillais. Dans le même temps, le renouvellement de l'offre neuve a fortement ralenti, l'équation économique apparaissant difficile à résoudre pour les promoteurs, tandis que les investisseurs restent prudents sur les lancements en blanc. « Le stock global d'offre à pourvoir va sensiblement augmenter. En revanche, il s'agit essentiellement d'une offre de seconde, voire de troisième main, parfois très éloignée des standards des nouvelles constructions. Si le marché tourne au ralenti aujourd'hui, ce ne sera plus le cas demain lorsque la conjoncture économique retrouvera des couleurs. La compétition pour les meilleurs actifs reprendra alors, peut-être de manière encore plus marquée que lors du précédent cycle », prédit Didier Terrier. JPG
Retrouvez l'intégralité des chiffres d'Arthur Loyd Logistique dans le Baromètre de l'immobilier logistique
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